Historique du projet

 

Voyez  aussi :

 

 

http://www.3statues.eu

 

 

 

Signification et portée de la devise

Liberté, Egalité, Fraternité.

 

Conférence-débat donnée au Beausset,

Salle Multivision,

le jeudi 4 mai 2006.

 

      "La Journée de l'Europe" a lieu le 9 mai ; dans le Var, nous sommes un certain nombre à avoir étendu cette célébration sur trois journées : cette conférence-débat donnée aujourd'hui à l'Espace-Multivision au Beausset, une présentation d'une dizaine d'Associations oeuvrant à l'amitié entre les peuples d'Europe le samedi 6 mai, de 14 h à 16 heures, dans l'Amphithéâtre de la Maison des Technologies à Toulon, une rencontre avec plusieurs conférenciers (le Général Guérin, Patrick Penel, ici chez lui, Alain Bonnaud, Nicole Charlier de Chily, Philippe Granarolo et moi-même) le mardi 9 mai de 15 h 30 à 17 h 30 au Bohèm'Circus, au 24 rue Paul Lendrin (sur le Petit Cours Lafayette à Toulon), Monsieur  Eugène German jouant le rôle de modérateur ; enfin un Dîner-débat le même mardi 9 mai, avec pour conférencier invité Jean Vergès, professeur de droit à l'Université Paul Cézanne à Aix-en-Provence, et Président du Mouvement Européen-Provence. Ce dîner-débat aura lieu également au Bohèm'Circus à Toulon.

 

      La devise "Liberté, Egalité, Fraternité" est inscrite au fronton de nos Mairies et d'un certain nombre d'édifices publics ; elle est la devise de notre Pays. Cette devise nationale ne signifie pas, par exemple, qu'une Egalité parfaite et une Fraternité sans bornes règneraient en France, déjà depuis la fin du 18ème siècle et le 19ème siècle. Il faut comprendre qu'il s'agit d'un idéal proposé à notre bonne volonté à tous : pourchasser le plus possible, au nom de la valeur "Liberté", toutes les formes de servitude ou toutes les survivances de l'esclavage, se rapprocher le plus possible de l'idéal d'une égalité en droits et de l'égalité des chances dans la société française, dont tout le monde voit bien qu'elle comporte des inégalités parfois criantes, nous efforcer ensemble, le plus que nous le pourrons, de rendre vivante en France la valeur de la Fraternité.

 

      Tout cela ne va d'ailleurs pas sans conflits ; Bergson disait que la Liberté et l'Egalité sont "des sœurs ennemies". En effet, si tout le monde est libre d'entreprendre, même en supposant des chances égales au départ, il y aura très vite "des inégalités", comme dans toute compétition ; certains vont réussir beaucoup mieux que d'autres dans leurs entreprises. Autrement dit, la Liberté engendrera des inégalités. Inversement, le souci de l'Egalité poussé à l'extrême peut conduire à cet excès inverse qu'est "l'égalitarisme", avec volonté de détruire tout ce qui émerge, tout ce qui excelle ; on élabore facilement ainsi des modèles de société liberticides ou même totalitaires, comme avait fait autrefois l'URSS. Au temps de "la guerre froide" justement, on déplorait une sorte d'éclatement des valeurs héritées de la période des   Lumières : les Etats Unis portaient devant le monde la flambeau de la Liberté tandis que la Russie soviétique mettait en avant tant qu'elle le pouvait la valeur de l'Egalité (alors que la société communiste réelle comportait une série considérable de stratifications sociales avec des inégalités de pouvoir absolument criantes, comme Soljénitsyne, par exemple, l'avait bien mis en évidence dans un livre comme "Le premier Cercle").

 

      Pour Bergson, l'inévitable tension entre "Liberté" et "Egalité" doit trouver et inventer continuellement sa résolution grâce au troisième terme de notre devise, la Fraternité. D'ailleurs, à l'époque de la guerre froide et des "Lumières éclatées", on pouvait demander où cette tension internationale entre Liberté valorisée aux Etats Unis et Egalité valorisée en URSS pouvait espérer trouver un début de conciliation ; en quelque sorte : y avait-il quelque part un Pays ou un espace public dans lequel on pourrait localiser la valeur de la Fraternité devenue, au moins partiellement, une réalité vivante ? Le lieu de réalisation possible pour cette valeur, à cette époque, m'avait semblé être : l'Europe.

 

      Si l'on cherche à mieux comprendre l'origine de notre devise en remontant un peu plus loin dans le passé, on trouve dans la pièce de théâtre de Lessing (1729-1781) intitulée Nathan le Sage, une méditation profonde sur la Fraternité entre êtres humains de religions différentes. La pièce comporte trois héros : le Sultan Saladin, musulman ; un jeune Templier chrétien ; et Nathan le Sage, qui parle lui pour la religion juive et aussi en tant qu'être humain. Dans la pièce, les trois religions se font face et les trois hommes s'affrontent. Malgré les oppositions entre les trois religions monothéistes, des liens familiaux  vont peu à peu  être découverts : Saladin s'apprête à faire mettre à mort le jeune Templier qui a été fait prisonnier. Mais il est ému par la ressemblance du jeune homme avec son frère Assad, dont on a perdu la trace. Or, il va se révéler que ce frère disparu du Sultan s'était converti au christianisme, avait épousé une chrétienne et en avait eu deux enfants. L'un d'eux est le jeune Templier que son oncle Saladin s'apprêtait à laisser condamner lorsque "la voix du sang" a parlé en lui.

      L'autre enfant d'Assad devenu chrétien est une fille, Blanda. Cette enfant chrétienne, séparée de ses parents par les hasards des guerres, isolée, en danger de mort, va être recueillie par Nathan le Juif qui vient lui-même de vivre un drame épouvantable : les Croisés ont massacré sa femme et ses sept enfants ; il y avait des actes de cette sorte contre les juifs, parfois, au cours des croisades. Bien qu'ayant subi cette violence extrême de la part des chrétiens, Nathan va accomplir un acte de bienveillance humaine en recueillant et élevant une enfant chrétienne ; à la petite Blanda, il donne le nom de Recha, et l'élève comme si elle était sa propre fille.

       Nous avons vu que les rapports entre les Croisés chrétiens et les juifs étaient parfois plus que tendus ; mais, au cours des combats, un incendie éclate et menace la vie de Recha, devenue une jeune fille. Le Templier  risque sa vie pour sauver cette jeune fille, qu'il prend pour la fille du juif Nathan. Lorsque Saladin a permis au jeune homme d'échapper à la condamnation à mort qui le menaçait, le Templier libéré rencontre Nathan le Sage et lui demande la main de sa fille.

         Mais Nathan a enquêté sur cette enfant qu'il a recueillie et élevée comme sa fille ; et il découvre peu à peu que les deux jeunes gens sont en réalité frère et sœur, et neveu et nièce du Sultan Saladin.

         Les personnages que les conflits religieux jetaient les uns contre les autres se découvrent des liens de famille ; ceci bien sûr est une façon imagée de dire qu'ils appartiennent tous à la même famille humaine, qu'ils en prennent conscience, et de ce fait développent désormais entre eux des relations de Fraternité à la place des rapports de haine et de combat.

          La pièce, que Goethe considérait comme un chef d'œuvre de l'humanité, comporte aussi une parabole remarquable sur les rapports entre les trois religions. C'est à l'Acte III, scène VII. Le Sultan a un entretien avec Nathan et, pour le piéger, lui demande, en le priant de s'élever avec discernement et sagesse au-dessus de ce qu'il a appris dans sa propre tradition, qu'elle est la meilleure des trois grandes religions. Il lui laisse un temps de réflexion. Nathan décide de répondre au Sultan Saladin par la parabole d'un père qui avait trois fils qu'il aimait autant les uns que les autres. Chacun des trois lui semblait digne d'hériter de l'Anneau que ses ancêtres lui avait transmis et dont la possession rendait agréable à Dieu et aux hommes celui qui le portait à son doigt. Lorsque ce père était avec l'un de ses fils, ému par ses qualités, il lui a promis de lui donner l'Anneau. Mais, lorsque, un peu plus tard, il s'est retrouvé seul avec le second de ses fils, puis seul avec le troisième, à chacun des deux il promit également que c'était à lui que reviendrait l'Anneau. Le moment de l'héritage approchant, le père fit venir chez lui un artisan extrêmement renommé et, lui commanda de réaliser deux autres Anneaux absolument similaires au premier. Il fallait que les trois Anneaux soient totalement indiscernables. L'artisan réalisa ce prodige (que la philosophie de Leibniz aurait proclamé infaisable) ; et le père, lorsqu'il fut seul avec chacun de ses fils, leur donna à chacun un Anneau en tous points semblables à celui que possédaient les deux autres.

     Après la mort du père, chacun des fils voulut faire valoir son droit à l'héritage et comme preuve de l'élection paternelle dont il affirmait avoir bénéficié, il montrait l'Anneau. Mais chacun des trois présenta aussi un Anneau. On les fit examiner ; et il fut absolument impossible de déterminer lequel était l'original, s'il y en avait eu un.

     Les trois frères qui s'apprêtaient à se comporter en rivaux furent donc amenés à s'accepter comme des frères ayant tous les trois le même privilège.

      Ainsi, c'était là la réponse de Nathan le Sage au Sultan Saladin, chacune des trois grandes religions était comme un Anneau précieux absolument indiscernable des deux autres. Chacune des trois religions devait donc accepter les deux autres. Fraternité au sommet.

      Et, à un niveau moins profond, plus anecdotique, nous avons vu que des relations de parenté cachées vont faire découvrir aux principaux personnages (qui allaient peut-être s'entretuer), qu'ils sont en fait parents par le sang ou par alliance (Nathan le juif, par exemple, ayant élevé comme sa fille la nièce du Sultan Saladin).

 

      Lorsque Lessing compose sa pièce, il a lu L'Histoire des Croisades, la troisième partie de l'Essai sur les mœurs et l'esprit des nations de Voltaire. Ce dernier est franc-maçon, tout comme Lessing d'ailleurs. On pourrait donc voir dans la pièce Nathan le Sage une sorte de machine de guerre anti-catholique (voir la devise de Voltaire : "Ecrasons l'infâme" , qui était codée dans ses lettres par le début des mots : "Ecr. l'inf."). La leçon de la pièce est qu'aucune des trois grandes religions monothéistes n'est "au-dessus" des deux autres. Il faut que les Juifs, les Chrétiens et les Musulmans s'acceptent comme le feraient trois frères auxquels leur père aurait confié exactement le même Anneau précieux. Pas de guerre des religions. Fraternité entre les religions.

 

      L'idéal de la Laïcité est sorti de là : l'Etat ne prend pas parti sur les questions religieuses. Chacune des religions, à condition de ne pas être cette caricature de religion qu'est une secte, a un droit égal à la neutralité bienveillante de l'Etat vis à vis d'elle. Pour Lessing, cela allait même plus loin, puisque les diverses religions doivent prendre conscience que leurs fidèles sont avant tout des membres d'une même famille humaine et que, comme le dit désormais l'article premier de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme, adoptée par l'UNESCO et les Nations Unies en 1948 : "Tous les êtres humains sont libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de conscience et de raison et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de Fraternité".  Ainsi, suivant Lessing le franc-maçon et Nathan le Sage, le héros de sa pièce, les Juifs, les Chrétiens et les Musulmans doivent s'accepter les uns les autres comme frères ayant un même Père et ils doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de Fraternité".

 

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     Voilà ce que nous permet de comprendre un premier retour vers le passé. Faisons un pas de plus en nous demandant pourquoi cette devise française "Liberté-Egalité-Fraternité" a fait le tour du monde et s'inscrit justement à présent dans l'Article premier de cette Déclaration universelle des Droits de l'Homme, adoptée, aujourd'hui, comme un idéal vers lequel il faut tendre, par la quasi totalité des Etats et des Peuples du monde. Une réponse très intéressante a été élaborée par un théoricien allemand francophile, Rudolf Steiner ( 1861-1925). Steiner est connu, surtout dans les pays germaniques, pour être un théoricien important en matière pédagogique, et pour ses travaux qui ont anticipé sur ce qui s'appelle aujourd'hui l'agriculture biologique. Il avait même prédit un de nos malheurs avec "la vache folle" ; il disait en effet : donnez à manger de la viande à un bœuf (qui est végétarien), et vous allez le rendre fou. C'est ce que nous avons fait au vingtième siècle en nourrissant les vaches (et d'autres végétariens d'ailleurs) à partir de farines animales, pour raisons d'économies. Il est à noter aussi que, mort en 1925, Rudolf Steiner avait eu le temps de se faire détester par le parti nazi naissant, qui est venu détruire en 1922 à Dornach, en Suisse, le 31 décembre, le premier monument à la gloire de Goethe que Rudolf Steiner y avait fait ériger (le Goethéanum), sur ses propres plans, à partir de 1913.

     La réflexion de Steiner sur notre devise nationale s'élève du niveau politique au plan spirituel en chacun de nous.  En effet, chaque être humain, dit une longue tradition philosophique, est riche intérieurement de trois capacités fondamentales : vouloir, penser, aimer. Ou encore, il dispose de trois facultés décisives : la Volonté, la Pensée ou l'Intellectualité, l'Affectivité. Henri Bergson par exemple, reprend très souvent ces trois termes lorsqu'il évoque l'être humain. Chez Descartes, on trouverait la Pensée, bien sûr, mais aussi la Volonté, et la Générosité (ainsi que les autres Passions de l'âme). Chez Kant, il y a la Critique de la raison pure qui concerne la faculté de penser et celle de connaître, la Critique de la raison pratique qui concerne nos capacités d'agir et la Volonté, et enfin la Critique de la faculté de juger, où il est question, entre autres, du sentiment de l'agréable et du sentiment du Beau. Ainsi, lorsqu'un être humain, vous, moi, n'importe qui sur la terre, entend prononcer sur la Place publique ces trois mots "Liberté, Egalité, Fraternité", lorsqu'il les lit sur une pièce de monnaie ou les voit au fronton d'un édifice public, quelques chose se produit à l'intérieur de lui. Car par la Volonté qui est en chacun de nous, nous sommes capables de prendre des décisions, donc d'êtres libres et responsables de nos actes. Par l'affectivité qui est en nous, nous sommes capables d'éprouver certains sentiments vis à vis d'autrui, notamment le sentiment de la Fraternité. Enfin, par la faculté de penser qui est en nous, nous pouvons forger le concept d'Egalité et comprendre que tous les êtres humains sont et doivent être égaux en dignité et en droits. Les trois côtés de l'âme humaine sont ainsi comme éveillés à eux-mêmes lorsque quelqu'un évoque la devise française. Et comme il s'agit des trois côtés de l'âme de tout être humain, notre devise a fait le tour du monde et est devenue universelle.

 

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     Le problème en était là lorsque, vers la fin de l'année 1984, trois amis que ne se connaissaient pas ont tous les trois attiré mon attention sur une même peinture d'Andréï Roublev, né en Russie en 1370 et mort en 1430 (donc, pour le situer dans le temps, un an avant la mort de Jeanne d'Arc à Rouen). Cette peinture, dont l'original est aujourd'hui au Musée des Icônes à Saint-Pétersbourg, représente trois Anges, ceux qui sont apparus au Chêne de Mambré, près d'Hébron, à Abraham et à son épouse Sara, tous deux déjà âgés. La scène figure bien sûr dans la Torah des Hébreux, aux chapitres XVIII et XIX du Livre de la Genèse. Elle fait partie aussi de la Bible des chrétiens.  Et le Coran l'évoque à trois reprises : Sourate XI, 69 à 74, Sourate XV, 51 à 56, Sourate LI, 24 à 30. Abraham est en effet à l'origine des trois grandes religions monothéistes dont nous avons parlé tout à l'heure avec Nathan le Sage : la religion juive, la religion chrétienne, la religion musulmane. Simplement, "Abraham" est nommé "Ibrahim", lorsque l'on passe de la Torah et de l'Ancien Testament au Coran. J'ai été amené à réfléchir longuement sur cette Icône qui a plusieurs noms ; on l'appelle soit L'Hospitalité d'Abraham, soit L'Amitié d'Abraham pour l'Etranger, sa Philoxénie, soit encore Les Trois Anges, soit enfin L'Icône de la Trinité. En effet, dans sa méditation de plus de 500 pages sur La Trinité, Saint Augustin (354-430 de notre Ere) soutient à un moment que la notion complexe de Trinité (le Père, le Fils, l'Esprit-Saint), qui est chrétienne, a cependant été révélée aux Juifs de façon un peu masquée. Si vous lisez attentivement, dit-il, les chapitres XVIII et XIX du Livre de la Genèse, vous verrez que le texte semble hésiter plusieurs fois entre le singulier et le pluriel. Il est question de trois voyageurs, qui se révèlent être trois Anges. Mais Abraham qui s'adresse à eux lorsqu'il leur offre son hospitalité, s'adresse ensuite, au singulier, au Seigneur. A un moment deux des Anges s'éloignent et il n'en reste plus qu'un. Enfin, vous pourrez juger par vous-même en allant lire ou relire ces deux chapitres. Depuis l'analyse de St Augustin, l'idée est donc venue qu'à travers ces trois Anges, c'est quelque chose de la Trinité qui avait été "aperçu" par deux êtres humains privilégiés, Abraham et son épouse Sara. Les peintres d'Icône grecs et russes avaient donc un redoutable privilège en essayant de représenter ces trois Anges ; ils pouvaient approcher un peu l'un des Mystères les plus difficiles pour la pensée chrétienne, celui de la Trinité. Et les trois Anges peints, on pouvait se mettre à discuter, et on l'a fait, pour demander : lequel des trois "représente" plutôt "le Père", lequel des trois "représente" plutôt "le Fils", lequel des trois "représente" plutôt "l'Esprit". Comme je n'étais devenu chrétien que depuis le 29 juin 1984, et que je n'avais pas eu auparavant d'éducation religieuse (chez moi, on lisait Le Canard Enchaîné), j'étais très ignorant en matière de théologie et très intrigué par la profondeur inouïe que l'on attribuait à l'Icône de Roublev : à partir de couleurs matérielles appliquées sur de la toile, donner à voir, peut-être, quelque chose de l'un des plus profonds Mystères, celui de la Trinité.

 

      Il y avait en moi, vers le début de 1985, une double interrogation : d'où vient le caractère devenu quasi universel d'une devise au départ spécifiquement française ? Et sur cette mystérieuse et belle Icône de Roublev, lequel des trois Anges serait censé représenter, de manière, bien sûr, obligatoirement inadéquate, le Père de toutes choses ? Alors, un grand rêve fait le 17 février 1985 (je demeurais à l'époque à Angers), a fusionné ces deux recherches et m'a fait voir, à Strasbourg, trois statues extrêmement monumentales :

un Ange de la Liberté,

un Ange de l'Egalité,

un Ange de la Fraternité.

 

     Chacun de ces trois Anges avait une dimension analogue à celle de la statue de la Liberté à New York. Et je reconnaissais leur aspect, leur vêtement, leur visage, leur chevelure : il s'agissait des trois Anges peints par Andréï Roublev et devenus ici statues. Sur l'Icône, les trois Anges sont assis à la table d'Abraham ; dans le rêve que j'ai fait, ils sont debout tous les trois, à 200 ou 300 mètres les uns des autres, disposés en une sorte d'arc de cercle. Je remarque tout de suite une autre différence avec l'Icône où les trois Anges tiennent chacun un sceptre identique : dans le rêve, l'Ange du milieu, celui de l'Egalité, tient en main non pas un mais deux "bâtons de Berger", et ces deux "bâtons" dessinent ce que je ne savais pas encore nommer "une Croix de Saint André". Je voyais là une réponse aux questions nombreuses que je m'étais posées à propos de cette Icône : l'Ange du milieu, ayant deux bâtons et les deux autres un seul, était-ce celui du milieu qui "représentait" le Père de façon allusive ? J'ai d'abord interprété cela ainsi. Jusqu'à ce que quelqu'un me dise : "Mais c'est une Croix !", à propos de ce que l'Ange du milieu tient en main. Il s'agirait alors du Fils. Les interprétations sont libres. Je vous dirai tout à l'heure, si vous voulez, comment j'interprète aujourd'hui cette Icône sur laquelle ce grand rêve m'a amené à réfléchir pendant … 22 ans !

 

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     Faisons un peu le point. Il faut distinguer ici trois niveaux. Tout d'abord, le plan des réalités politiques et juridiques. La devise Liberté-Egalité-Fraternité, née en France, a fait le tour du monde et est devenue "un universel" de référence, en tant qu'Idéal dont il faut tenter de se rapprocher.        

        Du côté de l'esprit humain, ou de l'âme humaine, il y a trois aptitudes fondamentales, le Vouloir, qui nous permet la Liberté, l'Affectivité, qui nous permet d'éprouver par exemple le sentiment de la Fraternité, la Pensée, qui nous fait tous égaux en dignité et en droits. C'est le niveau où se plaçait l'analyse de Rudolf Steiner. La devise Liberté-Egalité-Fraternité a alors une portée spirituelle forte.

       Mais à présent, nous découvrons des résonances ou des prolongations encore plus vastes. Comme si la devise de notre Pays portait en elle un ensemble de traces de l'Infinité divine avec Ses trois "Aspects" qui forment pourtant une Unité. Le niveau précédent nous permet de nous approcher de ce Mystère : il y a trois facultés fondamentales, mais chacun de nous, ayant ces trois facultés, est pourtant une seule et même personne.  De même, mais pourtant autrement, les trois côtés, ou aspects, de la Divinité forment pourtant une Unité il y a un Dieu, et on pas trois.

 

       La femme sculpteur française d'origine polonaise, Teresa Kochanowska, épouse Manojlovic, a voulu m'aider à concrétiser le grand rêve qui est à l'origine du projet de faire réaliser, à Strasbourg, un Ange de la Liberté, un Ange de l'Egalité et un Ange de la Fraternité. Elle m'a offert trois maquettes en béton cellulaire représentant ces trois Anges d'après l'Icône de Roublev et d'après les indications de mon rêve. Je lui ai passé commande ensuite des trois socles sur lesquels les pieds des Anges reposent et sur lesquels sont inscrits les trois mots "Liberté", "Egalité", "Fraternité". Regardons ensemble l'Ange de l'Egalité, celui qui, dans le rêve attire en premier lieu mon attention. Les deux "bâtons de Berger" qui forment une Croix de Saint-André dessinent comme un signe de multiplication où ce qui est en bas est égal à ce qui est en haut, avec une inversion dans l'orientation. Ce signe est commenté à de nombreuses reprises dans un livre magnifique, traduits en de nombreuses langues, et qui a joué un rôle important pour moi : Dialogues avec l'Ange, Gitta Mallasz, chez Aubier. Nous sommes invités à parvenir comme au sommet de nous-mêmes en tant qu'individualité libre. Mais, à ce sommet (le milieu de l' X), il ne s'agit pas de "rouler des mécaniques", de faire le fier avec ses gros bras, ses diplômes, la rapidité de son intellect ou la puissance de sa volonté ; non, il faut alors s'ouvrir à ce qui vient d'En-Haut, comme Abraham offrant l'Hospitalité chez lui à ce qui vient d'En Haut, aux trois Anges et peut-être même au Seigneur Lui-Même. On pourrait évoquer ici, pour la partie des deux bâtons qui remonte du sol jusque dans la main de l'Ange de l'Egalité, ce qu'Edith Stein appelait (en pensant à l'intuition des Essences chez Husserl, dont elle avait été un temps la secrétaire) l'intuition active ; mais pour la partie supérieure, égale à la précédente, mais ouverte vers les Hauteurs, il s'agira cette fois de ce qu'Edith Stein appelait l'intuition passive, celle où nous recevons ce qui, d'En Haut, vient vers nous, à la façon où les premiers chrétiens ont reçu lors de l'expérience intense que raconte les Actes des Apôtres et qui est commémorée à chaque Pentecôte.

      Nous pourrions dire aussi que celui qui tient en sa main une Croix de St André "représente", de façon obligatoirement inadéquate, le Christ, qui s'est fait notre égal dans la condition humaine, avec la capacité d'éprouver la faim, la soif, le sommeil, la souffrance et la mort.

      Si nous revenons à l'Icône de Roublev, nous pouvons remarquer que si le personnage du milieu est "central", le centre dynamique du tableau est cependant situé dans le personnage de gauche, avec, à partir de Lui, comme deux fragments de cercles dans les tonalités du bleu suggérés par les vêtements et la courbe de l'épaule gauche de l'Ange central et de l'Ange situé à la droite du Tableau. D'ailleurs le personnage de gauche est celui que les deux autres regardent. Peut-être est-il donc comme une représentation, nécessairement inadéquate, de celui que nous nommons le Père ? Nous pouvons rappeler ici la phrase : "Père, que Ta Volonté soit faite, et non la mienne". Dans la devise de notre Pays, nous avons vu que c'est la Liberté qui est comme la manifestation extérieure et publique de ce qui, à l'intérieur de nous, se nomme le Vouloir, ou la Volonté.

 

      Venons-en à présent à l'Ange de la Fraternité, celui donc qui "représenterait", de façon obligatoirement inadéquate, celui que nous nommons l'Esprit Saint. Voyons, par exemple, par la description des suites de la Pentecôte, l'action de l'Esprit sur les humains : dans les années qui ont suivi cette expérience fondatrice, les premiers chrétiens ont ressenti très vivement que les autres chrétiens étaient "leurs frères", au point de mettre en commun tous leurs biens et de se sentir tous, très fortement, comme formant un seul ensemble, un seul "corps". Il y a là comme un indice nous permettant de mettre la Fraternité plutôt en correspondance avec l'Esprit et son action sur nous.

 

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     J'ai voulu vous faire réfléchir sur la signification et la portée de la devise de notre Pays. Nous avons vu qu'après tout, un peu inexplicablement d'abord, cette devise était devenue universelle, notre Pays se permettant même de proposer au monde entier (qui l'a accepté) un idéal de comportement : les êtres humains sont libres et égaux en dignité et en droits et ils doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de Fraternité.

     Une première explication nous avait fait entrer en nous-même, à l'intérieur de notre être spirituel; nous y avons trouvé la Volonté source de la Liberté, l'Affectivité, permettant le sentiment de la Fraternité et la Pensée nous permettant de nous concevoir tous égaux en dignité et en droits.

      Plus profondément, ensuite, à la façon d'Edith Stein, nous avons fait la distinction entre la pensée intuitive active (par exemple cartésienne ou husserlienne) et la pensée intuitive passive, qui permet à celui qui est parvenu "au sommet" de son individualité libre de "recevoir" ce que l'on appelle par exemple "une Grâce".

 

      La Révolution française a produit cette devise Liberté-Egalité-Fraternité, mais, au moment où la Terreur a régné, elle a coupé le lien fort et décisif qui unit notre Pays avec ce qui est En-Haut. Le projet de Trois statues à Strasbourg permettrait, si nous venions à bout de le réaliser, de conserver l'héritage de la Révolution française tout en reconstituant le lien central pour notre Pays avec "le Biblique". Si nous ne voulons pas être menés par les Anglo-saxons, il ne faut plus qu'ils soient les seuls à dire en Occident : Nous croyons en Dieu ! Si la France rétablit les liens avec son immense héritage judéo-chrétien, alors elle recommencera à rayonner dans le monde comme au temps où la langue et la culture françaises étaient européennes.

     

     Bref, la portée de la devise de la France est si vaste qu'elle a gagné le monde entier comme idéal de référence (non comme réalité vécue !); sa signification est si profonde qu'elle touche, en tout être humain trois des capacités fondamentales de notre être : vouloir, penser, aimer. Et, par l'intermédiaire de ces trois capacités, puisque, c'est ce que je crois, l'être humain est "à l'image" de son Créateur, la devise de la France permet d'approcher en Dieu la triple capacité de Vouloir, de Penser et d'Aimer.

      Mais, bien sûr, il y a, sur toutes ces questions, des milliers de choses à discuter. Alors, la parole est à vous,

Jacques Atlan

 

 

 

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Association

Trois statues pour l'Europe

Assemblée générale annuelle

Mercredi 28 juin 2006

à partir de 18 h

AU SOLEIL GOURMAND (Salle du premier étage)

Place de la Gare SNCF à Toulon.

 

Aux membres de l'Association et aux sympathisants

 

Toulon, mardi 30 mai 2006

 

Chers Amis,

 

     Notre Association a notablement progressé au cours de cette seconde année de notre existence. Nous avons été membres du Comité d'Organisation pour la Journée de l'Europe (le C.O.J.E.), autour du 9 mai 2006, en coordination avec les Associations suivantes :

-         l'Association Culturelle Franco-Allemande de Toulon et du Var,

-         la Société Dante Alighieri (Toulon-Var),

-         Mémoire à Lire, Territoire à l'écoute, Réseau européen d'Ecomusées,

-         l'Association France Grande-Bretagne,

-         la Communauté Hellénique de Toulon et du Var,

-         le Musée Expérimental Européen (France, Italie, Espagne), et son projet                "Eco Viabilité Alpine" (E.V.A.),

-         l'Amicale Franco-Polonaise du Var,

ainsi qu'avec la Société Indom Méditerranée, l'une des Sociétés qui met en avant le "Nom de domaine européen" (.eu) en informatique. Des liens très utiles ont également été créés avec la Maison des Technologies à Toulon.

 

      Avec les mêmes Associations, et d'autres qui souhaitent nous rejoindre, nous sommes déjà en train de préparer des manifestations plus importantes pour la Journée de l'Europe 2007.

      Du fait de cette visibilité plus grande que nous avons conquise dans le Var et dans la Région PACA, nous serons mieux placés que cette année, à partir du mois de septembre 2006, pour demander une subvention au Conseil Général, à la Communauté d'Agglomération Toulon-Provence-Méditerranée, à la Direction Régionale de l'Action Culturelle (la D.R.A.C., à Aix-en-Provence) et au Conseil Régional à Marseille.

 

      Par ailleurs, nous continuons, notamment avec l'aide d'adhérents parisiens, à rechercher des Entreprises ou des Fondations susceptibles de pratiquer envers nous un Mécénat Culturel un peu ample. Grâce à Bogdan Manojlovic, membre de l'Association, nous avons désormais la possibilité d'organiser des réunions ou des conférences à Paris, dans la salle du premier étage du Café de la Mairie, 8 Place Saint-Sulpice, donc à proximité immédiate du Quartier Latin. La seule contrainte est, pour les participants, de prendre une consommation dans le Café-Brasserie qui nous héberge.

 

       Parmi les personnalités parisiennes ou alsaciennes qui nous ont rejoint dans l'Association, nous avons la joie de pouvoir compter l'écrivain et philosophe Régis Debray, fondateur de la Médiologie, Jacques Richard (l'un des fondateurs de la FECRIS, Fédération Européenne des Centres de Recherches et d'Informations sur le Sectarisme), auteur d'un excellent livre sur Talleyrand, Guglielmo Ferrero et les paliers de la légitimité du pouvoir politique (Guglielmo Ferrero, Enseigneur de Paix) et Daniel Hoeffel, ancien Ministre de l'Aménagement du Territoire et des Collectivités locales; il a été également Sénateur, Vice-Président du Sénat, Président de l'Association des Maires de France et Président du Conseil Général du Bas-Rhin; il est aujourd'hui Président de l'Association des Maires du Bas-Rhin, membre de l'actuelle Majorité et Maire de Handschuheim. Nous avons également reçu les plus vifs encouragements à réussir de la part d'Eric Orsenna, membre de l'Académie Française et, comme Régis Debray, ancien collaborateur de François Mitterrand à l'Elysée. Ainsi, les membres de notre Association ou ses sympathisants, se rassemblent au-delà des clivages politiques habituels. Autre progrès : nous comptons désormais trois adhérents Hollandais.

 

    Les membres de notre Association qui ne sont pas encore à jour de leur cotisation pour la période qui va du 14 juin 2005 (date de notre première Assemblée générale annuelle) au 28 juin 2006 ont donc jusqu'à ce 28 juin à 18 heures, juste avant le début de l'Assemblée générale au Soleil Gourmand à Toulon, pour régler leur cotisation de 10 Euros (ou un peu plus : voyez le bulletin d'adhésion ci-dessous) par un chèque à l'ordre de l'Association Trois statues pour l'Europe.

    Le Conseil d'Administration et le Bureau de l'Association ayant été élus pour trois ans, ils seront reconduits pour cette année encore. Si des candidatures nouvelles se manifestent pour l'an prochain, faites connaître votre demande avant la fin du mois de mai 2007.

 

ORDRE DU JOUR

 

-         Rapport moral sur l'activité de l'Association au cours de l'Année 2005-2006 par Jacques Atlan, Président de l'Association.

-         Discussion et suggestions pour, d'une part, accroître le nombre de nos adhérents et, d'autre part, parvenir à bénéficier d'actes de Mécénat culturel de la part des Entreprises et des Fondations.

-         Vote pour l'approbation ou le rejet de ce rapport moral.

-         Rapport financier par la Trésorière Marie-Hélène Meslien.

-         Discussion éventuelle de ce rapport.

-         Vote pour l'approbation ou le rejet de ce rapport financier.

-         Pour ceux qui le souhaitent, après l'Assemblée générale, un repas convivial aura lieu au Soleil Gourmand (comptez de 10 à 15 Euros en moyenne).

 

    Pour les sympathisants qui ne nous ont pas encore rejoints, voici un Bulletin d'adhésion à remplir :

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Nom :                                                                                 Prénom :

Adresse :

Code postal :                                Ville :

Téléphone :                                                                        Courriel :

Adhésion ordinaire : 10 Euros.

Adhésion de soutien : au-delà de 10 Euros et jusqu'à 100 Euros.

Les chèques, rédigés au nom de l'Association Trois statues pour l'Europe peuvent être envoyés soit à la Trésorière de l'Association :

Marie-Hélène Meslien, Le Mont des Eaux, Rue du Mont des Eaux (Entrée 2), 83.200 Toulon,

soit à mon adresse : Jacques Atlan, 3 rue Nicolas Peiresc, 83.000 Toulon..

 

 

 

Notre Association va bénéficier de la parution chez L'Harmattan (Collection "Psychanalyse et Civilisations", dirigée par Jean Nadal, Co-Président du Collège International de Psychanalyse et d'Anthropologie) de mon livre Essais sur les principes de la psychanalyse, où les conditions d'une sorte de morale naturelle et d'une Fraternité entre membres d'une même espèce sont examinées, notamment à partir des écrits de Konrad Lorenz.

J'indique plusieurs occasions de rencontres autour de la sortie de ce livre au cours des semaines qui viennent (il s'agit de présentation de l'ouvrage, avec discussions ouvertes et séances de dédicaces) :

 

-         A Toulon, Librairie Charlemagne, Boulevard de Strasbourg, le samedi 17 juin à partir de 16 heures.

-         A Boulogne-sur-Mer, le samedi 1er juillet à partir de 15 heures à la Librairie du Forum, Espace Culture, 57 rue Adolphe Thiers.

-         A Paris 6ème, au Café de la Mairie, 8 Place Saint-Sulpice à Paris, le mercredi 5 juillet à partir de 18 heures (Salle du premier étage). Un repas convivial aura lieu dans ce Café-Brasserie à partir de 20 heures.

-         A Paris 5ème, à l'Espace Harmattan, 21 rue des Ecoles (après la Sorbonne et le Collège de France), le jeudi 6 juillet de 19 à 21 heures.

 

A l'occasion de toutes ces réunions et des discussions qui suivront autour des thèses de l'ouvrage, les buts et l'extension de l'Association Trois statues pour l'Europe pourront bien sûr être également envisagés. Vous pouvez obtenir davantage de précisions sur notre projet sur en Page d'Accueil du site                http://www.philosophie-j-atlan.net

(pour cela, cliquez, à main droite de la statue centrale, sur l'encart "Trois statues pour l'Europe", puis, un peu en-dessous, sur l'encart "Historique du projet").

 

Jacques Atlan

 

Post scriptum : pour les adhérents qui, demeurant en Région parisienne ou en Alsace, ne pourront assister à l'Assemblée générale à Toulon, n'oubliez pas de me faire parvenir un Pouvoir avant le mercredi 28 juin. Si le nombre de présents et de pouvoirs n'est pas égal au moins à la moitié  + 1 du nombre des adhérents, les délibérations et votes de l'Assemblée ne seront pas valables; le quorum fixé par nos statuts, en ce cas, n'aurait pas été atteint.

Si vous êtes membres de l'Association et ne pouvez pas participer à l'Assemblée générale du mercredi 28 juin à Toulon, voici donc un Bulletin de "Pouvoir" à découper et à faire parvenir à l'adresse suivante: Jacques Atlan, 3 rue Peiresc, 83.000 Toulon

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Je soussigné,                                                                        

Membre de l'Association Trois statues pour l'Europe, donne pouvoir à :

(indiquer mon nom ou le nom d'un membre varois de l'Association)

 

pour me représenter à l'Assemblée générale annuelle et prendre toutes les décisions nécessaires.

Bon pour Pouvoir :

Signature :

 

(Signature à faire précéder de la mention "Bon pour pouvoir", recopiée à la main).

 

 

 

 

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Sous l'égide du C.O.J.E,

notre première année « Journée de l'Europe ».

 

Qu'est-ce qu'un COJE ? nous a t-on souvent demandé. Créé à l'initiative du Mouvement Européen de France, présent dans les 25 pays membres de l'Union Européenne, le Comité d'Organisation de la Journée de l'Europe. apporte son soutien à ceux qui désirent rendre la journée de l'Europe exceptionnelle.

 

Le Comité d'organisation des Journées de l'Europe, aide à organiser des manifestations : idées, conseils, matériel d'information, sous réserve de respecter les principes fixés par la Charte du C.O.J.E.

 

-         Mise en valeur des symboles de l'Union Européenne.

-          Diffusion d'information civique sur l'Union Européenne.

-         Rencontre entre les citoyens de l'Union Européenne.

-         Exposés et discussions ayant pour thèmes l'Union Européenne.

La journée de l'Europe se prête à une grande liberté d'initiatives.

 

Les spécificités du C.O.J.E. Toulon T.P.M. et Var.

 

- Nous avons souhaité un C.O.J.E. étendu à toute l'aire du grand Toulon (Toulon Provence Méditerranée) pour utiliser toutes les potentialités existantes. Par exemple si certains veulent oeuvrer pour l'Europe dans une commune T.P.M. où aucune manifestation n'est prévue, il leur est possible de rejoindre le C.O.J.E. Toulon T.P.M. et Var.

 

Nous avons fait cette année deux incursions hors T.P.M.

Une au Beausset, l'autre à Saint Tropez avec de jeunes européens (voir par ailleurs reportage photographique) parce que le village de Saint Tropez est connu dans le monde entier, et parce que le C.O.J.E. ambitionne un positionnement départemental.

 

-  Le C.O.J.E. veut se différencier des manifestations très institutionnalisées des communes. Notre esprit est résolument associatif, puisque le C.O.J.E. Toulon T.P.M. et Var fédère pour l'instant (première année) huit associations européennes de l'aire toulonnaise. (Hyères, La Valette, Toulon, La Seyne.)

 

- La souplesse que le C.O.J.E. permet quant au calendrier officiel. Notamment en étalant cette première manifestation C.O.J.E. « Journée de l'Europe » sur deux volets (il aurait été impossible de tout faire en un seul jour) puisque le C.O.J.E souhaitait différencier :

-  d'une part, une journée grand public, l'après-midi du samedi 6 mai (pour une meilleure disponibilité des personnes intéressées) dans l'amphithéâtre de la « Maison des Technologies » à Toulon.

Avec des sujets abordés autour d'une initiation pratique à l'Union Européenne. Loin des thèmes technocratiques. Et même d'une manière «bon enfant » avec le jeu des « Questions et réponses », ou d'une façon "insolite" avec cette version

«Mix techno » de l'Hymne européen., dansée par 5 jeunes ;

- d'autre part, pour un public plus avisé, deux journées «Exposés, rencontres et discussions».

Le 4 mai dans la salle Multivision du Beausset, une conférence de présentation de la signification et de la portée du projet Trois statues pour l'Europe.

Le 9 mai après-midi, au restaurant « Bohèm'Circus » avec des intervenants qualifiés, sur des thèmes de dimension européenne.

Puis un Dîner-débat avec un spécialiste, M. Jean Vergès Professeur de Droit européen à l'Université Paul Cézanne d'Aix-en-Provence, Responsable de la région Provence du Mouvement Européen de France. (Le programme détaillé de toutes ses journées se trouve dans les pages suivantes.)

 

S'il est vrai que l'amphithéâtre de la «Maison des Technologies», 150 places, n'était qu'à moitié plein, plusieurs causes peuvent expliquer ce demi-succès :

- Le C.O.J.E. ne disposait cette année d'aucun moyen financier, le budget pour toutes ces manifestations a été égal à zéro. Toutes les manifestations étaient gratuites, les «kits Union Européenne » d'une valeur d'environ 5 Euros étaient offerts à chaque entrant. Tout a été fait en partenariat pour une valeur de prestations ou de lots d'environ 3000 Euros. (Lire la note "budget" dans les pages qui suivent). Nous n'avons pas pu faire de campagnes d'affichage et de communication par manque de moyens financiers.

-  Le C.O.J.E fédère 8 associations qui déclarent cumuler ensemble environ 500 adhérents. (Ce qui aurait pu largement remplir l'Amphithéâtre.) Pour diverses raisons et à quelques exceptions, l'information interne au sein de chaque Association n'a pas été suffisante pour faire venir ce public.

-  Le C.O.J.E. a apprécié l'article paru dimanche 7 mai dans « Var-matin » et qui relatait la manifestation de l'après-midi du 6 mai. Mais s'interroge sur l'étonnement du journaliste quant au peu de public présent : le Quotidien lui-même n'avait fait aucune publicité sur cette manifestation les jours précédents. Par contre la journée du 9 mai a fait l'objet d'un encart, et nous remercions « Var-matin » pour cette appréciable annonce.

 

Les Coordonnateurs du C.O.J.E. pour 2007

 

Jacques Atlan,

Alain Bonnaud,

Alexander Boelen,

Nicole Charlier de Chily,

Monique Dautemer,

Claude Favrat,

Général Jacques Guérin,

Patrick Penel,

Jean-Toussaint Zannini.

Equipe à compléter par un certain nombre de membres des Associations

qui ont mis sur pied les célébrations de la Journée de l'Europe du 9 mai 2006 

et ceux qui se joindront à nous.

 

 

 

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Plaidoyer pour un rêve.

 

Après le « Non » français et le « Non » hollandais au projet de Constitution pour l’Europe, après l’ajournement, ensuite, de l’organisation d’un autre Référendum sur cette Constitution en Grande-Bretagne, une grave crise affecte la construction européenne. Le Président en exercice de la Communauté européenne, Jean-Claude Junker, premier Ministre du Luxembourg, se désole :

« L’Europe ne fait plus rêver ».

 

Selon le point de vue qui est développé depuis un certain temps sur ce Site, les Peuples se détourneront des espérances européennes si les valeurs et l’héritage historique de l’Europe ne sont pas pris davantage en considération. Ces valeurs et cet héritage historique impliquant une certaine façon d’agir et de se comporter, par exemple, réellement, et dans la vie économique et sociale : « Agir les uns envers les autres dans un esprit de Fraternité ».

 

Peut-être le temps est-il venu d’entendre enfin ce que Jean Monnet disait à la fin de sa vie :

« Si c’était à refaire, je commencerais par la culture ».

L’Association « Trois statues pour l’Europe » œuvre pour un tel recommencement. Elle veut unifier de façon inséparable deux héritages qui se sont longtemps opposés, et, chez certains, s’opposent encore :

-         l’Héritage laïque (avec la devise LIBERTE EGALITE FRATERNITE qui, ayant dépassé depuis longtemps les seules frontières françaises, est devenue un « Universel » depuis l’adoption par l’UNESCO, en 1948, de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et de son Article Premier où ces trois termes sont repris : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité »),

-         et l’Héritage Biblique (l’Ange de la Liberté, l’Ange de l’Egalité et l’Ange de la Fraternité sont en même temps, pour notre projet, les Trois Anges qui sont peints par Andréï Roublev sur la plus célèbre de toutes les Icônes, celle qui se nomme justement « Les Trois Anges », ou « L’Hospitalité d’Abraham », ou « L’Amitié d’Abraham pour l’Etranger », ou bien encore : « L’Icône de la Trinité », dont l’original est au Musée des Icônes à Saint-Pétersbourg). Cette peinture très célèbre, concernant ce qu’a vu Abraham, le père de trois religions, le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam, étant elle-même inspirée des chapitres XVIII et XIX du Livre de la Genèse.

 

Or, au cours du rêve fait dans la nuit du 17 février 1985 et qui est à l’origine du Projet « Trois statues pour l’Europe »,  découvrant avec une très forte émotion les trois très grandes statues (chacune ayant à peu près la dimension de la statue de la Liberté à New York), et m’approchant de celle de l’Ange de l’Egalité, qui, centrale, se dresse à égale distance des deux autres :

« Je remarque cependant une différence entre ces trois sculptures et l’icône : sur cette dernière, chacun des Anges tient un sceptre, très légèrement incliné vers la droite pour l’Ange de gauche, un peu plus incliné pour l’Ange central, et assez fortement incliné, toujours vers la droite, pour l’Ange de droite.

Or, ici, dans le rêve, la statue centrale tient en main non pas un « sceptre », mais deux ; deux « bâtons de berger » (ou de Berger), très minces, les deux bâtons, en leurs deux lignes croisées au centre, dans la main de l’Ange, formant comme un signe extérieurement analogue à la lettre « X »… », ou encore à ce que l’on nomme une Croix de Saint André.

Bien que, par Grâce, une compréhension du christianisme m’ait été donnée le vendredi 29 juin 1984, aux alentours de 15 heures ( « C’est le tournant de votre vie » m’avait écrit à ce propos Paul Ricoeur, dont j’ai commencé à suivre l’enseignement dès 1959), j’ai commis d’abord une erreur à propos de l’interprétation de ces deux bâtons en forme de Croix. M’arrêtant en quelque sorte intellectuellement à la quantité, je me suis dit : l’Ange central a deux bâtons, les deux autres n’en ont qu’un, donc, sur l’Icône de Roublev, c’est l’Ange central qui « représente » le Père. Bien des années plus tard, une amie douée d’intuition (l’art de discerner le sens dans les formes), entendant le récit de ce rêve, a dit tout de suite : « C’est une Croix ». Autrement dit, elle proposait un changement d’interprétation : sur l’Icône de Roublev, l’Ange central « représente » bien plutôt le Fils.

 

Pour voir une reproduction de l’Icône de Roublev, aller sur le site :

http://www.philosophie-j-atlan.net

et, sur la Page d’Accueil, cliquer sur l’encart : « Trois statues pour l’Europe ».

Pour mieux saisir ce qui est dit ici, sur ce même site, peu après la reproduction de l’Icône de Roublev, vous trouverez, l’une après l’autre, une reproduction photo de l’Ange de la Liberté, de l’Ange de l’Egalité et de l’Ange de la Fraternité, tels qu’ils ont été réalisés pour moi, d’après l’Icône de Roublev et d’après les indications de mon rêve, par la femme sculpteur d’origine polonaise Teresa Kochanowska, épouse Manojlovic. Il s’agit pour l’instant de trois maquettes en béton cellulaire, chacune d’environ 70 centimètres de hauteur.

 

Or, il y a quelques jours, découvrant la description de La Cène donnée par Anne-Catherine Emmerich, cette petite bergère allemande illettrée qui avait le don de « VOIR », et que le regretté Jean-Paul II a béatifiée un an avant sa mort, j’y ai trouvé les précisions suivantes : les 12 Apôtres et le Seigneur mangèrent la Pâque juive, comme le veut la Tradition, debout, vite, avec des habits de voyage et un bâton à la main (comme en aurait quelqu’un qui s’apprête à beaucoup marcher). « Mais Jésus » dit Anne-Catherine Emmerich, « qui se tenait au milieu de la table, avait reçu du « majordome » deux petits bâtons un peu recourbés par en haut, semblables à de courtes houlettes de Berger ». Deux détails du rêve sont ici présents : il s’agit de bâtons « de Berger », et celui qui dans le rêve, parmi les trois Anges, « représente » Jésus, a deux bâtons alors que ceux qui sont à côté de lui n’en ont qu’un. Et un peu plus loin, Anne-Catherine Emmerich ajoute, à propos de ces deux bâtons de Berger : «Le Seigneur les mit dans sa ceinture de manière à ce qu’ils se croisassent sur sa poitrine… ».

La douloureuse Passion…Editions Téqui, page 80

Autrement dit, un troisième détail du rêve se révèle comme ayant été présent à la Cène : le fait que les deux bâtons de Berger soient disposés comme en Croix, en « X ».

Le rêve a donc souligné, d’abord à mon insu, le caractère de « préfiguration » de la Cène de ce qui avait été vu jadis par Abraham au Chêne de Mambré, près d’Hébron.

Je communique cela à mes amis chrétiens afin qu’ils y réfléchissent à nouveau. Dans la période de crise où nous sommes, ne ferions-nous pas bien de mieux prendre en considération tout ce que nous suggère ce rêve ? Si la France veut se retrouver elle-même, et offrir aux autres ce qu’elle a de meilleur, il lui faut réussir à unifier ce qu’elle avait dramatiquement disjoint autrefois, la devise Liberté, Egalité, Fraternité et tout son Héritage chrétien, et, plus largement, Biblique.

Je rappelle que l’Assemblée générale annuelle de notre Association aura lieu mardi 14 juin à partir de 18 h 30 dans la salle du Sous-sol du Restaurant « Les Bartavelles », 18 rue Gimelli à Toulon (Quartier de la Gare).

 

Toulon, mardi 7 juin 2005

Jacques Atlan

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A partir d’un texte que j’ai écrit ( « Kant, ou l’utopie de la Paix ? » ) sur le Projet de paix perpétuelle de Kant et sa caractérisation possible comme « utopique » ( voir les guerres actuelles en Afrique, en Asie, au Moyen-Orient, et, il y a quelques années, dans l’ex-Yougoslavie, juste à la périphérie de la Communauté Européenne ), j’ai présenté

-         la Société des Nations ( la SDN ), après la guerre de 14-18,

-         puis l’Organisation des Nations Unies, après la guerre 39-45,

-         et, surtout, l’intérieur de la Communauté européenne, actuellement,

comme réalisations progressives de ce qui était pour Kant « un Idéal de la raison », et donc, pas une utopie : que les différents Etats du monde constituent entre eux une Société régie par des Lois, des règles de Droit international, un Pouvoir Judiciaire, une sorte de Police internationale, avec les moyens que ces « Forces de l’Ordre » internationales puissent faire appliquer les décisions du Pouvoir Judiciaire international.

 

Ensuite, à partir d’une réflexion sur l’Europe toujours en chantier, j’ai évoqué plusieurs étapes de sa construction : 

-         la Communauté du charbon et de l’acier d’abord,

-          puis, bien plus tard, la monnaie commune, imparfaite, trop abstraite dans les figurations sur ses billets, comme Régis Debray l’avait bien noté en son temps ( nous aurions dû adopter des billets de banque à l’effigie de Shakespeare, Dante, Rabelais, Molière, Goethe, Hugo, Cervantès, Van Gogh,  Monet, Rodin, Beethoven, Rimbaud, etc. etc. ) ;

-         la devise identitaire « Unité dans la diversité » ( cependant, pourrait dire un philosophe, la seule diversité mène inéluctablement à des oppositions puis à des contradictions, comme Hegel l’avait bien établi dans sa « Science de la Logique ),

-         le projet de Constitution politique avec son fameux Préambule si discuté.

 

L’article sur KANT, la Paix et l’Europe en vient alors à ce par quoi Jean MONNET aurait, à la fin de sa vie, voulu tout re-commencer : la culture, les valeurs, l’héritage historique, l’identité à symboliser fortement.

Bref, je soutiens que l’Europe en son état actuel manque de Vision, et du coup, ne sait pas assez clairement ni qui elle est, ni où elle va. D’où le flou actuel, les oppositions et les contradictions à propos de l’invitation de la Turquie à rejoindre la Communauté Européenne.

 

Et là intervient la Vision issue d’un rêve que j’ai fait en février 1985 : l’Ange de la Liberté, l’Ange de l’Egalité, l’Ange de la Fraternité, dressés, en taille monumentale, quelque part dans Strasbourg, pour l’Europe. Dans ce rêve, les trois Anges sont, pour leur figuration, leur aspect, leur vêture, leur visage, directement inspirés de la plus célèbre de toutes les Icônes, celle qui se nomme justement « Les Trois Anges », ou « L’Hospitalité d’Abraham », ou « L’Amitié d’Abraham pour l’Etranger » ( sa Philoxénie ) ou encore « L’Icône de la Trinité », d’Andréï Roublev. L’original de cette Icône si souvent reproduite se trouve actuellement au Musée des Icônes à Saint-Pétersbourg. ( Le très beau film de Tarkovski « Andréï Roublev » raconte en noir et blanc la vie de ce peintre que les orthodoxes ont depuis proclamé saint, puis se termine par une partie en couleur lorsque les Icônes sont montrées. Comme quoi, même en des temps extrêmement difficiles, en URSS brejnévienne, un véritable artiste avait pu réussir une grande œuvre et transmettre des valeurs spirituelles très fortes ).

 

Pour moi, la réalisation de ce projet de trois statues pour l’Europe, à Strasbourg, représenterait UN PROGRES IMPORTANT DE LA CONSCIENCE OCCIDENTALE par rapport à la statue monumentale élevée au 19ème siècle par Bartholdi dans la Baie de New York.

-         Dans ce projet pour l’Europe, à Strasbourg, il n’est pas question seulement de Liberté,

-         mais aussi d’Egalité de tous les êtres humains en dignité et devant la Justice et devant la Loi.

-         Il est rappelé que les humains, tous, à tous les niveaux de la décision et du pouvoir, doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de FRATERNITE, ceci étant     UN IDEAL, UNE PRESCRIPTION MORALE, ce qu’énonce clairement l’Article Premier de la Déclaration UNIVERSELLE ( donc déjà, plus qu’européenne ) des Droits de l’Homme de 1948 ( adoptée par l’UNESCO, l’Organisation des Nations Unies, et quasi tous les Peuples et les Etats du monde ).

-         Il est question de l’Amitié d’Abraham pour l’Etranger ( de sa Philoxénie ).

-         Il est question de l’Hospitalité d’Abraham et vis à vis des Etrangers, et vis à vis de ces trois Anges venus lui rendre visite ( « les Anges », étymologiquement, étant eux-mêmes « des Messagers », « des Envoyés » ).

 

Par différence, il suffit d’écouter le récent discours d’investiture de Georges Bush, où il est principalement question de façon répétitive de Liberté et de son contraire, les tyrannies, pour mesurer tout ce qui manque à ce discours : les exigences véhiculées par le projet de « Trois statues pour l’Europe » sont moralement, je crois, plus élevées que ce qui est affirmé par l’actuel Président américain. La Liberté comme exclusive de l’esclavage, de l’oppression politique ou religieuse et des dépendances internes est certes une très, très belle chose, absolument nécessaire ( et la Chine, par exemple, n’y est pas encore vraiment venue ); mais les exigences de l’Egalité, de la Fraternité, de l’Amitié pour l’Etranger et de l’Hospitalité à la façon dont Abraham et son épouse l’ont pratiquée viendront équilibrer la seule Liberté, complèteront cette grande valeur afin que l’Europe libre soit aussi, à l’avenir, une Europe plus fraternelle et plus humaine.

 

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La première tentative de réalisation de cette Vision pour l’Europe avait eu lieu de 1985 à 1988. Du soutien avait été obtenu

-         à la Présidence de la République ( c’était le temps de François MITTERRAND, qui m’avait fait recevoir à l’Elysée deux fois, par des Conseillers différents ),

-         j’ai été reçu également, dans son Bureau, à Strasbourg, par le Président du Parlement Européen en exercice ( c’était alors Pierre PFLIMLIN, dernier Président du Conseil de la 4ème République et ancien Maire de Strasbourg ).

-         Soutien aussi à droite ( par exemple, Pierre MEHAIGNERIE, avant qu’il soit Ministre d’Etat, et lorsqu’il l’était )

-         et à gauche ( Claude DURAND-PRI NBORGNE, alors Directeur Général des Enseignements scolaires, lorsque Jean-Pierre CHEVENEMENT était au Ministère de l’Education Nationale ).

Cependant, malgré ces soutiens importants, des blocages sont apparus : la gauche, à l’Elysée, et la droite, à Strasbourg, s’observaient, se guettaient, en situation de « cohabitation » politique paralysante, et, finalement, le projet en est resté au stade de projet ( j’avais cependant été reçu deux fois par le Président de la Communauté Urbaine de Strasbourg à l’époque, Monsieur ADAM ; ce dernier avait étalé un jour devant moi de très grands plans de la ville de Strasbourg en m’indiquant tous les terrains qui étaient propriétés de la ville et qui, donc, pourraient éventuellement accueillir les trois statues en économisant  les frais d’acquisition des terrains nécessaires ).

 

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Après l’échec de cette première tentative, l’Association que j’avais constituée s’est dissoute en 1988, en offrant son petit reliquat de trésorerie au Conseil de l’Europe.

Et il y a eu une « pause pour la réflexion » à propos du sens de cette « entreprise » : cela a duré dix ans. De 1988 à 1998. Quand on aime la philosophie, dix ans de réflexion, c’est bien.

 

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La seconde tentative débute en 1998 lorsque mon épouse Elisabeth et moi nous arrivons à Toulon où nous avons participé activement à la campagne d’Hubert FALCO pour arracher la Mairie au Front National.

Lorsqu’il était Président du Conseil général du Var, Hubert Falco a transmis un dossier sur le projet à Nicole FONTAINE, alors Présidente du Parlement européen. Mais la Présidente, tout en se disant persuadée personnellement que ce projet aboutira, ne voyait pas, dans l’immédiat, comment faire face, depuis la Présidence du Parlement Européen, aux dépenses considérables qu’il faudrait engager. Je n’avais pas eu encore l’idée de l’étape préliminaire qui consiste à faire réaliser, ici et là en Europe, des statues en marbre ou en bronze, en 2 ou 3 mètres de hauteur.

En tant qu’ancien élève ( en hypokhâgne ) du Lycée Louis le Grand à Paris, j’ai eu alors l’occasion de rencontrer le Président, à l’époque, de l’Association des anciens élèves de ce Lycée, le Sénateur du Val de Marne, Lucien LANIER. Il a transmis un dossier sur le projet à deux Sénateurs alsaciens : Daniel HOEFFEL ( qui a apporté beaucoup de soutien ) et Philippe RICHERT, Président du Conseil Général du Bas-Rhin. J’avais aussi rencontré, à l’époque où il était à l’UDF, François LOOS, alors Député et Vice-Président du Conseil Régional d’Alsace, et aujourd’hui Ministre. Dans un courrier qu’il m’a adressé, il mentionne mon « merveilleux projet ». Quelques autres Députés, Francis GENG autrefois, Francis HILLMEYER en octobre 2000, ont également manifesté leur soutien.

 

Mais il y a eu un nouveau blocage, cette fois au niveau de la Mairie de Strasbourg : ni, en son temps, Catherine TRAUTMANN, pourtant spécialiste des Icônes, ni le Maire actuel, Fabienne KELLER, n’ont vu comment faire enclencher concrètement le projet dans leur ville.

Je n’avais pas réussi à l’époque à mettre suffisamment en avant, vis à vis de la Mairie de Strasbourg, LA DIMENSION DU DON présente dans le projet Bartholdi ( don du peuple français au peuple américain ) tout comme elle sera présente dans le projet de « Trois Statues pour l’Europe » : l’Association, aussi invraisemblable que cela puisse paraître aujourd’hui, veut réussir un jour à pouvoir OFFRIR CES TROIS STATUES de 33 mètres de haut (  sans les socles ) à la ville de Strasbourg, laquelle n’a donc pas à être effarée par le coût de ce projet ; elle aura seulement, plus tard, dans quelques années, à accepter un triple cadeau somptueux qui lui sera fait, à elle, pour l’Europe.

 

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On pourrait dire que la troisième tentative, actuelle, de réalisation de ce projet, débute il y a quelques années, à Cerisy-la-Salle, au Colloque organisé par Régis DEBRAY sur « Communiquer et Transmettre ». Lors d’une pause de ce Colloque, alors que nous étions plusieurs à prendre le frais dehors, Isabelle AMBROSINI ( la compagne de Régis DEBRAY et, depuis, la mère de leur enfant Antoine ) me présente un Monsieur nommé Bogdan MANOJLOVIC et elle nous dit à tous les deux que nous aurions certainement beaucoup de choses à nous dire. Elle nous laisse chercher quoi. Je parle de mon christianisme hors Eglises relativement récent ( il date … du 29 juin de l’année 1984 ), Bogdan, lui, parle de son orthodoxie. J’évoque alors l’Icône du peintre russe Andréï ROUBLEV et le rêve qui m’a mis en mouvement vers ce projet. J’ai dû bien en parler car Bogdan, rentré chez lui, a raconté cela à son épouse, Teresa MANOJLOVIC, née KOCHANOWSKA, une femme sculpteur française d’origine polonaise ( et, elle, de religion catholique ). Et, pour m’aider à réaliser ce rêve, Teresa a proposé de sculpter pour moi, à partir de l’Icône de Roublev et en tenant compte des indications de mon rêve, trois maquettes en béton cellulaire. Ce qu’elle a fait, en me les offrant. Je lui ai ensuite commandé et acheté trois socles avec, gravés par elle au burin, les mots LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE.

 

Les trois jours de réflexion du Colloque sur « Communiquer et transmettre », autour de Régis DEBRAY, à Cerisy-la-Salle, sont donc liés à ce premier pas décisif : à partir du simple souvenir d’un grand rêve, nous en sommes maintenant à 3 maquettes d’environ 70 centimètres de haut ( socle compris ), en béton cellulaire. Les photos que j’ai prises de ces maquettes ont, je crois, contribué à rendre la réalisation de ce projet plus envisageable. Toujours est-il que l’Association « Trois statues pour l’Europe » a pu renaître de ses cendres, être ( re- ) constituée, à Toulon, ses statuts déposés à la Préfecture du VAR et publiés au Journal officiel à Paris. En ce qui concerne Toulon et le VAR, nous disposons d’un bon Conseil d’Administration de huit personnes.

 

-         L’ETAPE SUIVANTE consistera à rassembler, en tant qu’Association, PAR LA VOIE DU DON, et des subventions, environ 150.000 Euros pour faire grandir ces trois maquettes et atteindre 3 statues de 3 mètres de hauteur, en marbre de Carrare, quelque part dans le VAR ou dans la Région Provence Alpes Côte d’Azur. Cependant, ce prix pourrait être diminué et le VAR valorisé parce qu’il y a, à côté d’Ollioules, une carrière quasi abandonnée avec des blocs de marbre de très bonne qualité.

-         LA DERNIERE ETAPE, d’ici quelques années : avoir réussi à rassembler les fonds nécessaires ( beaucoup, beaucoup, plus considérables ) pour pouvoir, donc, faire ériger et OFFRIR à la ville de Strasbourg, pour l’Europe, les trois statues mesurant chacune au moins 33 mètres de hauteur ( sans les socles ). 33 mètres de haut, c’est la hauteur         ( sans le socle ) de la statue de la Liberté, à New York. Pour l’intérieur de ces statues, l’Association et le Maître d’œuvre futur devront à un moment choisir un type d’ascenseur, avec telles et telles caractéristiques de sécurité et de fonctionnement. Il faudra aussi choisir entre les grandes Entreprises de production d’ascenseurs ( OTIS ? SCHINDLER ? etc… ). Entre 1985 et 1988, déjà, j’avais réussi à intéresser vivement le Directeur d’OTIS à Strasbourg et à Paris et il était prêt à financer la réalisation d’une vidéo aérienne de présentation du projet si OTIS était choisi par l’Association.

 

J’avais aussi reçu, en juillet 1986, une longue lettre de faisabilité technique du projet, lettre écrite par Pierre TISSIER, un Ingénieur-architecte français qui avait participé, à New York, aux travaux de restauration de la statue de la Liberté en 1984-1986 et avec lequel mon frère Gilbert était entré en contact. Pour bien préparer la future réalisation en grand, à Strasbourg, il sera utile d’étudier très attentivement et cette lettre et le chapitre technique « La Restauration de la statue de la Liberté. 1984-1986 », extrait du livre intitulé : « LA STATUE DE LA LIBERTE. L’exposition du centenaire », édité en 1986 par le Musée des Arts décoratifs et Sélection du Reader’s Digest.

Il est intéressant de noter que, dans le réseau dont fait partie Laurent INQUIMBERT, le plasticien fondeur qui, à Carcès dans le VAR, dirige l’Atelier 960 ° ( celui qui pourrait réaliser pour l’Association les 3 statues en 3 mètres de hauteur, en bronze ou en marbre de Carrare … ou d’Ollioules ), il y a des ouvriers Compagnons du Tour de France qui sont actuellement à Marseille et qui avaient fait partie, en 84-86, avec Pierre TISSIER, et sous la direction de Richard Seth HAYDEN et de Thierry W. DESPONT, de l’équipe française qui est allée restaurer la statue de BARTHOLDI à New York.

 

Ce projet « fusionne » l’héritage de la Révolution française ( le devise LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE ) et l’héritage Biblique, Abrahamique. Abraham est « l’ancêtre » de trois religions, le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam. Tous « les enfants d’Abraham » pourront-ils se reconnaître dans ce projet et le soutenir ? On évoque souvent l’hostilité de la religion juive et de la religion musulmane vis à vis des images.

Cependant, il est aussi prescrit d’En-Haut, dans la Torah, de réaliser de grands Chérubins pour le Saint des Saints ( voir dans le Premier Livre des Rois, VI, 15 à 30, et le Second Livre des Chroniques III, 8 à 13 ).  En ce qui concerne la religion juive, une reproduction d’une Enluminure tirée de la Haggadah, de David LEIPNIK ( 1740 ) montre les trois Anges, à la table d’Abraham, tandis que Sarah, depuis « la porte » entrouverte, sourit en écoutant ce qui est annoncé : qu’elle, à son âge, va donner un enfant à Abraham ( ce sourire de Sarah s’entend, en hébreu, dans le nom de ce fils, qui sera le second des Patriarches, Isaac ).

En ce qui concerne, à présent, la représentation des Anges dans la religion musulmane, une miniature du XVIème siècle : « Jésus transporté par deux anges de la ville de Damas », figure sur la couverture du récent livre de Faouzi SKALI : « Jésus dans la tradition soufie », paru chez Albin MICHEL.

Des adeptes de la tradition juive d’un côté, des adeptes de la tradition soufie dans l’Islam de l’autre, pourraient donc parfaitement se reconnaître dans ce projet et le soutenir. Et même, de ce fait, la Fraternité entre les religions ( dont LESSING a magnifiquement parlé dans sa pièce Nathan le Sage ) pourrait réaliser quelques progrès très bienvenus.

 

 

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Si l’on compare l’Association « Trois statues pour l’Europe »

A un arbre,

Une branche régionale

Vient de prendre forme sur cet arbre :

Le lundi 2 juin 2008

Les statuts de l’Association

« Trois statues pour l’Europe »,

Région Provence Alpes Côte d’Azur

Ont été déposés

A la Préfecture du Var.

 

Le Président de cette Association régionale

Est le Général ® Jacques Guérin,

La Trésorière / Secrétaire

Madame Yolande Ribes.

 

Le Siège social de l’Association

Est situé à la

MAISON DES ASSOCIATIONS

95 Rue Marc Delage

83.130 LA GARDE

 

Vous pouvez, si vous le souhaitez,

Ecrire à cette adresse au Président ou à la Trésorière et Secrétaire

En précisant :

« Case 98 ».

 

Les statuts de cette Association régionale

Peuvent être consultés sur le Site

http://www.3statues.eu

Cliquer, dans le Menu présenté en Page d’Accueil,

Sur l’encart :

« Association ».

Les statuts sont au tout début

De cette rubrique.

 

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