Médecins du Ciel, médecins de la terre.

 

Un très beau livre de Maguy Lebrun, publié chez Robert Laffont.
Jeune fille, Maguy, sans prendre vraiment conscience des risques qu’elle court, achemine du courrier depuis Grenoble vers les résistants du Vercors.
Plus tard, travailleuse sociale à Grenoble, mariée avec Daniel Lebrun, leur couple accueille souvent, en une sorte de famille chaleureuse et plusieurs fois élargie, des enfants qui auraient été concernés par le placement par la DASS. Avec l’idée que quand il y en a pour quatre ou cinq, ou six, il y en a pour sept, ou huit, ou neuf, ou plus…
Un soir, Maguy rentre tard et trouve son mari déjà endormi. Il se met à parler dans son sommeil, avec une voix qui n’est pas la sienne, et cette voix, féminine, indique à Maguy qu’elle a des dons pour le magnétisme, qu’elle pourrait aider beaucoup de gens si ce don était développé, qu’un enseignement, qu’elle peut refuser, lui est proposé ; si elle accepte, il faudra qu’elle garde le secret un certain temps sur tout ce qui lui sera enseigné, le temps que sa formation lui permette d’intervenir publiquement pour apporter du mieux-être dans la société.
Elle se demande si elle ne devient pas folle. Son mari se réveille et n’a aucun souvenir de ce qui s’est dit « à travers lui » pendant qu’il dormait. Les jours suivants, la communication ainsi établie reprend en utilisant « le même canal », c’est à dire son mari endormi. Maguy demande une sorte de signe attestant qu’elle ne rêve pas, qu’elle n’est pas en train de délirer. On lui dit de prendre des nouvelles d’amis qui demeurent à Paris ; et que si elle le fait, elle pourra peut-être empêcher un grand malheur.
Ces amis, contactés par téléphone, vont apparemment très bien, et tout naturellement, on convient que les Lebrun viennent leur rendre visite. Ce qui se fait. Pendant le repas, l’harmonie la plus grande semble régner dans ce foyer où il y a plusieurs enfants, et Maguy ne comprend plus rien. Après le repas, elle se trouve seule avec son amie sur le balcon et elle lui raconte ce qui arrive chez elle depuis quelque temps, les messages qui lui parviennent lorsque Daniel est endormi et ce qui lui a été dit à propos d’elle et de son mari et d’un grand malheur qu’elle pourrait peut-être contribuer à empêcher, elle, Maguy Lebrun. A ce moment, son amie qui semblait si heureuse s’effondre en larmes et raconte : elle a rencontré un jeune homme ; c’est le grand amour ; elle va refaire sa vie ; et demain elle va tout quitter ici et partir avec lui. Personne n’est au courant chez elle, ni son mari, ni ses enfants. Les deux amies parlent, parlent, et Maguy insiste doucement sur « le grand malheur » qui risque en effet de survenir si ce qui est projeté se réalise. Bref, le lendemain, son amie ne quitte pas son mari et ses enfants ( trente ans plus tard, ce couple existera toujours comme une famille heureuse, la crise ayant été surmontée ).
A partir de cette soirée sur le balcon de ses amis, Maguy a confiance dans les messages qui lui parviennent ; elle et son mari achètent un magnétophone pour que Daniel puisse prendre connaissance lui aussi de ce qui est dit « à travers lui » pendant qu’il dort, afin que lui aussi puisse bénéficier de l’enseignement qui est dispensé. Cet enseignement durera dix ans. Et ceux qui voudraient des preuves matérielles de l’existence de ce type de communications pourront peut-être un jour, je l’espère, écouter eux aussi toutes les bandes disponibles enregistrées au magnétophone, bénéficiant ainsi à leur tour de l’enseignement donné.
Au bout des dix ans, le temps d’agir est venu. Sur les conseils qu’elle reçoit, Maguy réunit peu à peu des médecins, des magnétiseurs et des groupes de prière. Plus de trente médecins grenoblois répondent à l’appel, et, un peu avant tout le monde, ces groupes de prière sont amenés à pratiquer l’accompagnement des mourants; quelquefois aussi, des malades obtiennent par les efforts conjoints du magnétisme, de la prière et de la médecine, des améliorations inespérées. Elle raconte toute cette expérience dans le livre « Médecins du Ciel, médecins de la terre » ; elle a l’occasion de présenter son expérience à la télévision, et là, surprise, son grand cœur, sa simplicité, sa voix chaleureuse, sa présence « font un tabac » ; le livre est lancé, et, dans les mois et les années qui vont suivre, des groupes de prière oeuvrant en collaboration avec des médecins et des magnétiseurs vont surgir dans un assez grand nombre de pays.
Un jour, Maguy Lebrun revient toute triste d’un pèlerinage au Vercors où beaucoup de ses amis ont trouvé la mort. Au cours de « la communication » suivante, on lui dit qu’il ne faut pas être triste, que le sang sur la terre a séché. Maguy répond que quelqu’un qui n’a pas perdu des proches peut dire cela. Alors « l’instructrice » pendant toutes ces années révèle son identité : lors de sa vie sur terre elle avait été « Etty », une héroïne grenobloise de la Résistance, une jeune infirmière arrêtée dans le Vercors lorsque le maquis avait été vaincu. Et elle dit à Maguy que, de là où elle est, à présent, elle a pardonné à ceux qui ont mis à mort les maquisards qu’elle soignait, et aussi entraîné, un peu plus tard, sa mort à elle.
Si vous allez à Grenoble et enquêtez sur l’histoire de la Résistance, vous entendrez obligatoirement parler d’« Etty ». Maguy est touchée ; le lien entre celle qui dispensait l’enseignement et celle qui le recevait devient maintenant plus personnel encore ; c’est une grande estime, une forte amitié. Et Maguy Lebrun apprend ainsi beaucoup de choses que personne ne connaît sur Etty, sa vie en famille avant la Résistance, sa vie au camp de concentration où elle a été conduite, son action là-bas, ses amitiés, puis sa mort.
Quelque temps plus tard, quelqu’un qui participe aux groupes de prière fait la queue dans un super-marché. Quelques personnes s’impatientent. Quelqu’un dit qu’il ne faudrait pas s’impatienter parce qu’ici, les magasins sont pleins, tandis qu’elle vient d’un pays, c’était la Pologne encore prisonnière du « Rideau de fer », où l’on fait très souvent la queue mais où les magasins sont presque vides. Et elle fait allusion aussi à ce qui avait eu lieu encore avant, les privations de la guerre, la vie de ceux qui étaient dans les camps nazis. Et elle mentionne le camp où Etty a été transférée après son arrestation. Connaissant par Maguy Lebrun l’identité de son initiatrice, la personne demande si, peut-être, au cours de cette captivité là-bas, elle avait entendu parler d’Etty. Et là, surprise : « Dans le camp, elle était devenue ma meilleure amie ». Rendez-vous est pris, une rencontre avec Maguy Lebrun est organisée ; et Maguy peut alors entendre raconter par quelqu’un qui était présent au camp des détails dont Etty lui avait parlé lors de leurs « communications ». Là aussi, des confirmations précises de la validité de ce qui avait été reçu sont obtenues.
Plus tard, Maguy demande à Etty si elle n’a pas encore de la famille restée sur terre. Etty répond : « Oui, il y a ma mère ; mais elle n’est pas encore prête ». Il est important de remarquer cette notion : il faut savoir attendre que quelqu’un soit « prêt » pour lui dire certaines choses qui ne l’atteindraient pas vraiment si on les lui disait sans attendre « le moment favorable », la maturation intérieure suffisante. Ce moment étant venu, Etty indique à Maguy Lebrun comment entrer en contact avec sa mère. Cette dernière ne comprend pas d’abord de quoi il s’agit ; refuse de croire ce qui lui est dit lorsqu’elle rencontre Maguy Lebrun ; mais lorsque Maguy lui dit ce que seules Etty et sa mère savaient, ce que Etty lui a révélé sur son passé lors de leurs entretiens, son scepticisme est surmonté ; et, peu à peu, la maman d’Etty retrouvera la foi et participera elle aussi à l’aventure des groupes de prière de Grenoble et d’ailleurs.
De Maguy Lebrun, vous pouvez lire aussi un livre qui est comme la suite de « Médecins du Ciel, médecins de la terre » et qu’elle a intitulé : « L’Amour en partage » ( ouvrage également publié chez Robert Laffont ).